Avoir le trac

Avoir le trac

Mon coeur bat la chamade à mesure que les stations de métro avancent… on est le dimanche 24 février 2019, et je vais officiellement donner un cours de yoga. Je dis officiellement car je l’ai déjà fait mais la je vais me tenir face à des personnes qui ne sont pas (que) mes amis. Il y a des gens que j’ai croisés brièvement et que j’apprécie, des inconnues et des proches. La salle du jour je l’ai loué, avec mes petits moyens. Pas facile sur Paris de dénicher un endroit approprié, bien foutu, avec des fournitures de qualité et un gérant conciliant et flexible. J’ai eu la chance de tomber sur Bérangère de l’espace Le 8 Petion, recommandée par une amie, et c’est une perle. Mais revenons en aux émotions.

Le calme avant la tempête

Le doute. L’excitation. La fleur au fusil. L’insouciance. Le courage. La tête brûlée. Tout ça c’est moi. C’est moi pendant le trajet entre ma maison et la salle… on vient à peine de me la confier que le premier élève arrive, très en avance, je panique une seconde car je n’ai encore rien « préparé ». Et puis ça retombe, j’ai le trac certes, comme lorsque je jouais au théâtre… mais il faut le faire, je me suis mise dans cette situation, je l’ai voulu, je dois l’affronter ! « Comme un homme, sois plus violent que le court du torreeent, sois plus puissant que les ouragans, sois plus ardent que le feu des volcans, secret comme les nuits de lune de l’Orient » (#passiondisney pardon).

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Je dispose les tapis et les couvertures pendant qu’il m’observe et fait la conversation. Je sors mon encens, constate que je n’ai pas de feu, damn, mais Guillaume est à la rescousse et me tend son briquet tel un chevalier servant. Je souffle. Mes pensées tourbillonnent et je ne les entends même plus, les élèves arrivent les uns après les autres… leur demander de se déchausser, indiquer où poser ses affaires, échanger quelques mots. Tout va finalement très vite et à 18h28, 2 min avant le cours, tout est prêt (et ça fait moins de 20 minutes que j’ai pris possession des lieux).

C’est parti !

J’ai la larme à l’oeil… comment décrire ce mélange de gratitude et d’appréhension qui cognent dans mon 5ème chakra, celui du coeur, anahata ? Je suis face à 6 personnes dans une salle de 28 m2, beaucoup sont débutantes, mais je me lance avec un petit rituel : leur faire tirer une carte qui le guidera (ou pas) dans leur pratique, à eux de choisir. J’ai oublié de tirer la mienne… l’univers me fait confiance pour faire voyager mes élèves dans cette session de Hatha Nidra. Et ça démarre par un petit marjaryasana, la posture du chat pour délier nos tas d’os et de muscles. Ils sont tous très concentrés, et silencieux. C’est parfait mais ça me met la pression… j’ai peur de ne pas parler assez fort, de pas bien indiquer les mouvements. Je continue en explorant chaque chakra, tout vient « naturellement », tout est facile, même si je vibre d’une effusion de pensées contradictoires. J’ajuste les corps, insiste sur la respiration, et vient le moment du yoga Nidra.
C’est toujours impressionnant de guider le Nidra car il est difficile de percevoir si les gens lâchent prise, allongés en savasana. De mon côté, je m’assure de respecter le timing (pas évident de gérer l’heure qui passe finalement très vite). Je me sens à l’aise et je donne le meilleur de moi même, mon énergie vibratoire, mon envie de transmettre tout ce que le yoga m’apporte depuis de longues années.

Chabadabada chabadabada

Ce n’est pas le remake d’Un Homme et Une Femme, c’est un nouveau film « Le Yoga et Une Femme »… le mien. C’est mielleux, ou pas, tellement c’est fou. Les élèves ont l’air reposés, ou alors dubitatifs ? Je leur pose la question avec appréhension : apparemment ils sont satisfaits de la séance. Ce sera ensuite confirmé dans certaines story Instagram, et je suis tellement reconnaissante. Car ce n’est pas chose aisée que de se laisser aller, faire confiance à un enseignant qu’on ne connait pas. D’aller tester une pratique inconnue, ou en tous cas méconnue.

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J’ai du mal à partir de la salle, je m’y sens bien, à ma place. Je la range, rassemble mon petit bazar de « prof » (j’aime pas trop ce terme mais bon, c’est pas mal pour la figure de style). Ça y est, j’éteins la lumière, ferme la porte. C’est fait. C’est officiel. Je questionne bien sûr deux de mes proches qui s’acheminent vers le métro avec moi, et ça va. Je suis à ma place. Je ne me suis pas trompée. Et j’ai envie de conclure en chantant : « aimer la vie, aimer les fleurs, aimer les rires et les pleurs !!! » (ah oui, #passiondemy aussi).

 

Une réponse

  1. Laeti dit :

    Yes !!! Génial ! J’en suis toute émue pour toi …

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