La dictature de l’inspiration

La dictature de l’inspiration

Inspiration

J’écris dans le train… à mesure que je scrolle sur Instagram, et que mes yeux se font la malle dans un ballet un peu particulier qui donne : battement vers l’endormissement, grand écart pour fixer l’écran et pas de bourré vers le paysage extérieur où les champs ont adopté cette légère couche givrée qui agit comme un filtre embellissant (on en revient aux réseaux sociaux). Je me dis que (tiens encore un compte Insta) l’inspiration est partout, mais qu’elle est surtout instinctive.

C’est un peu étrange d’écrire ça alors que j’ai décidé de lancer un blog. Parce qu’en général un blog ça a pour but « d’inspirer » les gens, de leur faire découvrir des choses vers lesquelles ils ne seraient pas forcément allé de prime abord, ou en tous cas de faire qu’ils se sentent moins seuls dans leurs envies et leurs galères quotidiennes… Enfin c’est ce que moi je vois dans les blogs que je peux lire (même si je ne suis pas toujours disciplinée). C’est peut-être ça le truc, autant je suis fascinée par le milieu militaire, j’adore (presque) qu’un coach me hurle dessus pour que je tienne ce foutu exercice de sport, dans la vie de tous les jours je suis un vrai électron libre, je suis sacrément sauvage.

Bref, trêve de bavardage, « j’accuse » (la meuf a des références, c’est dingue) ! « T’as pas vu ce film ? Et cette expo ? Mais CETTE série il FAUT que tu la vois ! Attends tu devrais vraiment lire le bouquin de bidule… », et surement écouter le podcast truc « Before Things Get To Hell – Prologue by Ira Glass » qu’Amandine, ma voisine de train (oui j’ai les yeux de Superman), est en train d’écouter en alternance avec la lecture du Canard Enchaîné (ah et elle étudie l’arabe aussi). Rien faire, ou peu faire est devenu aussi indésirable qu’un spam dans sa boîte mail. On nous dit qu’on doit en permanence se gaver d’infos pour se nourrir et se développer. Sauf que tout va tellement vite qu’on a même pas le temps de digérer ce qu’on ingère (ça vaut pour la culture et la bouffe) et de simplement respirer (la base quoi).

Sans parler de hygge, et autres noms de tendances ou d’art de vivre à la noix pour avoir des choses à raconter dans sa story… j’ai juste envie de dire que « qu’est-ce qu’on s’en fout ? ». J’ai l’impression que toutes ces choses on les fait souvent par égard du regard et du jugement des autres. Et pourtant, c’est mon métier originel de tester de nouvelles choses, découvrir des histoires et tout un tas de trucs. J’adore ça, mais je trouve ça consternant de nourrir un rapport de force avec ça ! Trop d’infos tue l’info (bisou BFM & co). S’ouvrir au monde oui, être snob non ! Alors même si à l’avenir je vous parle d’un truc que j’ai trop aimé, que je vous encourage à lire ci, à regarder ça ou à venir à mes cours de yoga (aiiiie confiiiiance)… demandez-vous si vous en avez vraiment envie, si votre corps est en adéquation avec votre cerveau, si vous allez vraiment vous dégager du temps pour ça; ou si vous ne préférez pas vous faire un chai (mon chouchou du moment est ) et juste parcourir le blog ou faire du lèche vitrine virtuel en remplissant des caddies Asos que vous n’achèterez pas (oui ça m’arrive, et alors ?) !

Donc pour en revenir au titre de cet article, sentez-vous libre d’être inspiré par n’importe quoi ! Un pot de yaourt renversé, le comportement physique d’un mec dans le train, un paysage, le napperon de votre grand-mère, un article lu en diagonale dans un journal, le dentifrice qui tombe dans le lavabo, la forme des épluchures de patate douce, la couleur du vernis de la fille qui fait chien tête en bas à côté de vous au cours de yoga (encore, mais elle nous fait chier avec son yoga, lol)… Le monde est inspirant et si parfois rien ne vous inspire, c’est peut-être que ce n’est pas le moment, c’est aussi simple que ça.

🙏 Hari Om 🙏     

 

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