La GlaGla Race 2019 : un défi rafraîchissant

La GlaGla Race 2019 : un défi rafraîchissant

Marion Buiatti - Glagla Race 2019

Fin janvier, j’ai eu l’occasion et le grand plaisir de participer à la GlaGla Race. Une course de Stand Up Paddle, SUP pour les intimes, sur le lac d’Annecy. Oui, pagayer debout sur une planche en plein hiver au pied des montagnes… ça sonne un peu « cette fille est cinglée » ! Et pourtant, j’étais loin d’être la seule à vouloir en découdre avec les éléments ce weekend là : un peu plus de 550 personnes avaient fait le déplacement pour s’affronter sur 6 ou 14km. Certains venaient même d’Hawaï, d’Australie et de Slovénie pour participer à cette épreuve du Alpine Lakes Tour. Eh oui, c’est un VRAI sport qui compte des athlètes professionnels avec du matos de malade… ben oui avant ce rassemblement, je n’avais jamais vu que des paddle gonflables et là, ben c’était la fête des trucs en carbone, en bois et je sais plus trop quoi. C’est marrant, ça m’a un peu fait penser à la première fois que j’ai fait un triathlon : je suis arrivée avec mon équipement de bric et de broc, et autour de moi il y avait des sportifs hyper rodés, hyper équipés, hyper confiants. Et moi j’étais là à me demander ce que je faisais ici !

Car oui, comme un peu tous les événements auxquels je participe, c’est le challenge que représentait cette course de paddle qui m’a emballée en premier lieu. Et la cerise sur le gâteau, c’est que c’était « chez moi » en Haute-Savoie (j’y ai de la famille proche et j’y ai pas mal vécu depuis ma naissance il y a bientôt 32 ans #OMG). Donc oui, si tu veux me chauffer pour un truc faut que ce soit un peu fou, dans des conditions de n’importe quoi, en mode grosse tête brûlée je suis Bélier (astrologie quand tu nous tiens)… où juste un truc bien inédit, je marche aussi !

Plus de 50 minutes inside…

Passons aux choses sérieuses… alors c’était comment cette GlaGla Race ? C’était wouah ! Pour 2019, la course était placée sous le signe du soleil, radieux, brillant, éblouissant. Heureusement qu’on m’a prêté une paire de lunettes en dernière minute sinon je ne sais pas comment j’aurais fait avec la réverbération de l’eau ! Et dire que l’an dernier ils étaient sous la neige. Bon je n’ai pas compris grand chose au briefing d’avant course, personne à priori, et j’ai un peu galéré à faire l’échauffement dans ma combinaison Néoprène Olaian Decathlon; mais tout va bien… ça me rappelle encore des souvenirs de triathlon. Et puis vient le moment de se mettre à l’eau. Je dois dire que j’appréhende un peu car le paddle j’adore ça, mais c’est seulement la 4ème fois de ma vie que je vais en faire. Disons que c’est limite quand on s’apprête à faire 14km de course, oups (oui je devais partir sur la distance raisonnable de 6km mais on m’a défié de faire l’intégrale). J’attends mon tour, monte avec prudence à genoux sur l’engin et commence à pagayer pour me placer sur la ligne de départ imaginaire, en plein milieu du lac translucide d’Annecy. Je me mets debout, j’ai l’impression d’être un enfant qui apprend à marcher et je m’implore en mon fort intérieur de rester forte sur mes jambes pour ne pas tomber dans l’eau à 7 degrés. L’hypothermie, c’est non, merci.     

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Il fait vraiment beau. Le panorama est incroyable, et quand le pouet de départ retenti, je m’active sur mon embarcation… j’ai l’impression de ne pas démériter, mais les habitués et les pros filent comme des flèches, on dirait qu’ils ont un moteur ! Tout en m’activant, j’observe leur manière de faire pour être plus efficace et constate qu’il ne suffit pas de pagayer avec les bras mais aussi de donner une sorte d’impulsion avec les jambes en poussant les fesses en arrière. OK, je suis partie pour faire utkatasana (la posture de la chaise en yoga) pendant toute la course… qui va durer 3 heures et quelques secondes pour ma part ! L’équilibre n’est pas à 100% parfait au début, mais plus je pagaie, plus j’ai confiance, plus je suis stable… j’adore ce sport, et je vais vite me rendre compte qu’il est vraiment complet. Ce n’est pas qu’une histoire de bras, c’est aussi une question de gainage (coucou les abdos et les dorsaux), de proprioception et de toutes les parties de ton corps. Du petit orteil à la racine de tes cheveux, tout doit être engagé ! Et ça se ressent les jours d’après la course… moi qui suis peu ou pas sujette aux courbatures, j’ai bien senti que mes fessiers et mes mollets avaient fait leur part du boulot.

Des sensations fortes…

Je ne vous dit pas que, pendant 3 heures, tout a été rose. Il y a des moments où j’avais l’impression que je n’avançais pas. Tout particulièrement lorsque les itinéraires des courses de 6 et 14km se sont séparés. Je me suis retrouvée seule, vraiment, et j’ai su que je finirai dernière. Mais comme « les derniers seront les premiers » comme dirait Céline Dion : amen ! N’étant pas experte en paddle, j’ai donc pris la course comme une belle randonnée. J’ai renoué avec la nature, son silence, la beauté de ses paysages. Les jeux de miroirs de l’eau… le ballet des poules d’eau à la surface du lac. Je n’avais jamais remarqué que lorsqu’elles prenaient leur envol pour se déplacer quelques mètres plus loin, elle traînaient des pattes dans l’eau. Ça fait un son fabuleux, apaisant. Et à ce moment là, près d’une forêt de roseaux, ma planche Red Paddle Co file sur l’eau, j’ai comme l’impression de léviter. Le temps est suspendu, je suis la dernière mais je m’en fiche.     

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J’ai fait les deux tiers de la course et je vais me ravitailler de quelques carrés de chocolats et quelques gorgées de Pepsi. C’est un moment un peu périlleux où il faut se rapprocher d’un ponton sans se casser la binette, se tenir alors qu’on est en équilibre depuis déjà un bon moment. On me propose de m’asseoir, je refuse, je ne veux pas compromettre mon équilibre justement. De l’extérieur j’imagine que ma posture est risible, mais j’ai les pieds rivés sur mon paddle et je suis déterminée à ne rien lâcher. La deuxième traversée du lac m’attend pour rallier l’arrivée, je vois l’avant dernier concurrent quelques centaines de mètres plus loin. Je ne le rattraperais pas, mais le voir me rassure. Je profite de la majesté des montagnes qui me font face, des falaises qui me surplombent, des derniers efforts à fournir…

Et j’entends qu’on crie mon prénom ! Mon oncle est là, les organisateurs aussi, l’attachée de presse de l’événement, des concurrentes en tutus roses sont sur leur paddle familial pour m’escorter jusqu’à l’arrivée. Je donne tout car mine de rien il y a un paquet de paires d’yeux qui me scrutent ! On m’annonce au micro, on me félicite… wouah, c’est dingue, des larmes de joie me montent aux yeux. Je descends de ma monture, enfin je grimpe sur l’échelle pour regagner la terre ferme… et c’est là que j’ai vraiment peur de tomber à l’eau car je tremble un peu. Finalement pas une goutte n’effleurera ma combi, mais ça fait bizarre de me mouvoir autrement !

Une expérience magique

Alors voilà, je l’ai fait. Et ça m’a encore plus donné envie de m’acheter ma planche gonflable (parce que c’est plus pratique à stocker même si ça va moins vite) et de pratiquer régulièrement ce sport qui engage pleinement le corps et l’esprit… Et aussi parce que je pourrais faire du SUP yoga dessus (je vous raconterais ça une autre fois). Enfin, pour résumer cette aventure, je dirais : « 3h et quelques secondes d’un périple aux allures de balade méditative ». Est-ce que je recommencerais ? Oui ! Est-ce que j’ai envie de revenir l’année prochaine à la Glagla Race ? Définitivement !  Est-ce que ça vous tente de m’accompagner ? À vos commentaires !

 

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